C’est l’histoire de trois chapelles qui, en dépit de leurs différences, croient toutes en la même chose : le FLUX.

Dans le duo infernal Formation / Certification, la plupart des grandes méthodologies ont mis en œuvre des systèmes spécifiques pour être certifiés et reconnus. Ainsi pour toucher le Graal du Lean Six Sigma, vous avez un parcours initiatique qui passe du Yellow Belt au Green Belt, puis au Black Belt, jusqu’au grade de Master Black Belt. Dans la Théorie des Contraintes, vous avez le fundamentals TOC qui vous donne accès au statut de practionner dans un domaine de la Théorie des Contraintes pour ensuite vous offrir l’opportunité de devenir implementer. Et à la fin comme le disait Navarre : « Chacun vit dans son splendide isolement convaincu de l’extrême exemplarité de son expertise »

Le problème de cette extrême exemplarité est qu’elle a pu générer des comportements d’opposition mutuelle. Ainsi les praticiens de la Théorie des Contraintes sont gagés de sectarisme et de manque de pragmatisme. Les équipes Lean sont perçues comme des cost killers dogmatiques du flux tiré et du gaspillage, quand les gens du 6 Sigma se voient reprochée la fiabilité des données prises de leur périmètre au moment de la restitution.

Néanmoins, en prenant un peu de hauteur, nous nous rendons compte que ces 3 disciplines ont beaucoup plus de choses en commun qu’elles ne veulent bien le croire. En effet ces 3 disciplines ont pour ambition d’améliorer le flux, et proposent des approches différentes pour traiter la variabilité. C’est ainsi que l’approche TLS est née : TOC / Lean / 6 Sigma.

Cette approche a pour ambition de combiner les trois méthodologies pour maximiser les résultats du système. Ces trois approches sont basées sur une amélioration du flux : la vitesse pour le Lean, le débit pour la TOC et la maîtrise des variations pour le 6 Sigma. En termes d’analogie, on peut utiliser celle du tuyau :

Illustration des concepts Lean, 6 Sigma et TOC avec le débit d'un tuyau

Le tuyau initial peut être considéré comme long, poreux et avec un faible diamètre. La combinaison de ces 3 principes permet d’augmenter le débit en agrandissant la largeur du tuyau, réduire la longueur du tuyau et nettoyer l’intérieur du tuyau. Ainsi le flux s’écoule plus vite.

L’intérêt de cette pratique consiste à appliquer les préceptes du TLS sur les contraintes du système. Par exemple, un goulot peut être la contrainte du système, il faut exploiter tout le potentiel de cette ressource. Il est donc intéressant d’utiliser les outils Lean et 6 Sigma pour éliminer des tâches à non-valeur ajoutée et la variation des processus.

La condition préalable à cette approche est d’aborder le sujet de conduite de changement en focalisant les équipes sur le problème, puis sa solution et enfin sa mise en œuvre. L’intérêt affiché dans cet aspect est d’éviter l’écueil de la boîte à outil. En effet, ces approches contiennent toute une boîte à outils plus ou moins facile à appréhender. Néanmoins, le piège est de vouloir utiliser la boîte à outil avant de déterminer l’approche d’exécution à suivre. De plus notre expérience est notre meilleure ennemie sur ce sujet. En effet, nos succès nous poussent parfois à croire qu’ils sont transposables. Nous avons donc  tendance à vouloir dupliquer une solution connue à un problème qui n’est pas encore partagé par l’ensemble des personnes du système.

Ainsi ce ne sont plus trois chapelles qui s’affrontent, mais trois compétences qui, mises ensemble, permettent de d’accélérer les flux aux endroits clés du système.

Quelques livres parlent de cette combinaison : Epiphanized de Bob Sproul [1], Vélocité de Jabob, Bergland et Cox [2]. Enfin un chapitre est consacré à cette idée dans le TOC Handbook [3]. Ces éléments ont aussi la particularité de montrer comment cette approche TLS peut être utilisée dans des secteurs inattendus comme le milieu hospitalier.

 

Auteur : Anthony FOUQUE, AGILEA

 

Références : 

[1] SPROUL, Bob, « Epiphanized : Integrating Theory of Constraints, Lean and Six Sigma », Editions North River Press, 2012.

 

[2] JACOB, Dee, BERGLAND, Susan, COX, Jeff, « Vélocité », Editions Village Mondial, 2010.

 

[3] COX, James F. III, SCHLEIER, John G. Jr., « Theory of Constraints Handbook », Edité par James F. COX III et John G. SCHLEIER Jr., 2010

 

 

 

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