ImgLes Shadoks sont bien connus pour raisonner par l’absurde et d’une manière antilogique – de notre point de vue. Prenons l’une de leurs plus fameuses devises « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? ».

Celle-ci nous semble absurde ; elle affirme qu’il est plus intéressant de réaliser une action (un objet, un projet, etc.) de manière complexe plutôt que de manière simple.

L’illustration est parfaitement parlante : créer toute une machinerie pour actionner un simple marteau et planter un clou. Inutile, n’est-ce pas ? Pas si sûr !

 

  • La complexité n’est jamais créée par hasard ; elle répond à un besoin.

Le tableau de bord de votre voiture par exemple. Aujourd’hui vous pouvez connaître tous les paramètres du véhicule en temps réel (vitesse, consommation instantanée, consommation moyenne, durée du parcours, kilométrage, pression des pneumatiques, etc.) mais également choisir votre station de radio, commander la température de l’habitacle, vérifier le trafic sur le GPS, passer des appels via le Bluetooth… La liste est longue.

Pourtant, vous n’avez pas un tableau de bord digne d’un cockpit d’avion ; vous n’avez pas autant de boutons que d’options. En effet, le constructeur a pris soin de vous rendre a priori simple l’utilisation de votre véhicule, mais il a pris soin de ne pas diminuer  le nombre de fonctionnalités.
Il n’a pas simplifié votre tableau de bord, il l’a simplexifié.

Alain Berthoz décrit la simplexité comme une « complexité déchiffrable, car fondée sur une riche combinaison de règles simples ». La simplexité est partout autour de nous, quotidiennement, et pas seulement dans le design d’un objet ou d’une interface homme-machine.

 

  • Un autre exemple de la simplexité qui nous entoure est la musique.

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Prenons l’un des morceaux les plus connus de Mozart : la 40e Symphonie. Elle est écrite pour être interprétées par des premiers et seconds violons, altos, violoncelles, contrebasses, une flûte, deux hautbois, deux clarinettes, deux bassons, et deux cors. Tout un orchestre, mobilisé pour transporter ses auditeurs dans l’univers de Mozart, chaque instrument jouant sa part, apportant pierre à l’édifice.

Si vous souhaitez interpréter ce morceau il vous suffira de lire les partitions rédigées par Mozart. En effet, à chaque instrument correspond un mouvement. Tous les mouvements de tous les instruments sont écrits selon le même protocole ; des notes placées sur une portée.
Mozart a donc simplexifié la profondeur et l’émotion de sa 40e Symphonie en l’écrivant selon les règles du solfège.
Pour en revenir à nos braves Shadoks ; nous ne connaissons pas les caractéristiques de leur machine ni le besoin les ayant poussé à la construire. Dans leur monde, il n’existe peut-être pas d’autre moyen afin de planter un clou à cette hauteur. Peut-être que cette machine plante le clou selon un angle très précis, impossible à reproduire manuellement.
La simplexité consisterait donc dans ce cas à la décrire comme une machine plantant les clous à une hauteur X et selon un angle Y, actionnée par deux Shadoks pompant. Comme le dit une autre devise bien connue des Shadoks, « il faut pomper pour vivre, et donc vivre pour pomper ».

 


Auteure : Camille Balard, AGILEA



A. Berthoz, « La simplexité » (Odile Jacob, 2011)

La simplexité, l’antithèse des Shadoks ?

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