Dans la plupart des organisations qui sont soumises à de forte croissance comme celles de l’aéronautique, bon nombre de ressources (machines, hommes) représentent des risques de saturation de capacité engendrant des goulots d’étranglement à la fois structurels, ponctuels mais aussi sauteur. Le but de cet article est de vous présenter un mode de gestion de ces points de contrôle.

points de controle

Nous avons souvent tendance à percevoir nos goulots d’étranglement comme des défauts d’organisation car ils limitent le débit de notre système au marché. Toutefois, il existe une discipline qui considère ces contraintes comme des points de leviers sur lesquels l’organisation doit se concentrer : la Théorie des Contraintes. Cette discipline propose un certain nombre de méthodes pour absorber les variabilités inhérentes à nos environnement (Volatilité, Incertitude, Complexité, Ambiguïté) : Le DBR pour Drum Buffer Rope (Tambour, Tampon, Corde).

En effet, ce procédé consiste à mettre un tampon/buffer devant une ressource critique, appelée Tambour, afin que ce dernier ait toujours du travail devant lui. Ce tampon est attaché en termes de flux d’information à une autre ressource, c’est la corde. Ainsi quand la ressource critique consomme un composant du tampon, la corde envoie un message disant de lancer l’opération en amont. Le dimensionnement de la protection est le paramètre fondamental. La théorie des contraintes suggère de placer un buffer/tampon de temps équivalent à 50% du temps observé entre la première opération de la gamme et la ressource critique.

Le lancement atelier étant connecté au débit de la ressource critique, cette méthode permet de réduire l’en-cours rapidement tout en accélérant l’exécution des tâches. Par ailleurs, le tampon protège la ressource critique assurant le fait qu’elle soit toujours occupée.

Le tampon a un rôle de protection des aléas des ressources entre le début de la corde en amont et la ressource critique. Ainsi si l’amont est en rupture, la ressource peut consommer le tampon le temps de recouvrir la situation. Comme les ressources en amont ont plus de capacité que le goulot, il est plus facile pour elles de remplir le goulot d’étranglement.

Dans la pratique, il est parfois envisageable de mettre un autre tampon en aval du flux. Selon la même logique, cela permet de protéger le flux post goulot des aléas éventuels entre le goulot ou l’expédition. Voyons un exemple ci-après :

modèle flux poussé

 

Dans la partie haute de la représentation, nous pouvons voir une modélisation d’un flux poussé au sein de différentes ressources d’un atelier.  L’en-cours sur chaque machine est relativement élevé car le débit de la ressource A est supérieur aux autres. Cela a pour conséquence d’alimenter les centres de charges tout en engorgeant la ressource C.

Dans le cas du DBR, dès que l’on identifie les ressources critiques (C et la livraison client), on peut positionner un buffer devant elles, et tirer le flux entre le lancement des dossiers de la ressource A mais également entre le buffer client et la ressource C.

Toutefois ce procédé contient quelques limites : il se concentre principalement sur une ressource alors que nos systèmes possèdent parfois plusieurs ressources critiques devant être protégé et synchronisé (un processus de sous-traitance, un traitement chimique, etc.).  De plus, comme le système engage les dossiers dans l’en-cours au rythme du début de la ressource C, les ressources A, B, D, E peuvent se retrouver sous chargées. Le problème est que beaucoup d’organisations mesurent la productivité locale (via le Taux de Rendement Synthétique par exemple) sur ces ressources. Ainsi comme ces ressources apparaissent comme ponctuellement inoccupées, elles peuvent être mises en danger en dépit du fait qu’elles participent de manière plus actives à la vitesse d’écoulement du flux dans le second scénario !

Ces deux limites (techniques et organisationnelles) sont les enjeux du deuxième niveau du DDMRP (Demand Driven Materials Requirement Planning) appelé CDDL (Certified Demand Driven Leader).

Dans cette formation, les étudiants apprennent comment protéger et synchroniser les ressources critiques avec la demande réelle tout en positionnant des indicateurs de décision. L’idée va être de protéger ces ressources avec des tampons temps et capacité, contrôler l’en-cours du système avec leurs débits respectifs tout en les connectant à la demande réelle observée. Par ailleurs, ces points de contrôle sont gérés à travers un mode de management visuel à la fois atelier et informatique. Concernant l’aspect organisationnel, la formation inclut une approche empirique pour démontrer le besoin de changer certains paradigmes de gestion pour maximiser la vitesse du flux à l’intérieur du système.

 

Auteur : Anthony Fouqué, AGILEA

Faites sauter le bouchon avec le CDDL !

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